14.09.2009
allons enfants....
je sais, je sais... le langage vernaculaire d'aujourd'hui est la langue des académiciens de demain...
blablabla
je sais, je suis vieux jeu, aussi...
mais je ne m'y fais pas!
Donc je ne sais pas si vous avez remarqué, si vous avez des enfants ados, ou si vous connaissez des gens qui ont des enfants ado, mais le verbe "aller" a quasiment disparu de leur vocabulaire, remplacé par le verbe "partir"
(moi, ça me fais racler la gorge d'entendre ça, déjà)
Ca fait des mois que ça m'ennerve, l'autre jour, c'est sur Jennyfer que c'est tombé... elle a payé pour les autres, tant pis... il fallait que quelqu'un soit sacrifié!
Jenny venait me voir pour un problème d'orientation:
-alors vous m'aviez dit de partir au centre d'information et d'orientation...
-ALLER!
-quoi?
-"vous m'aviez dit d'ALLER"
-oui, pardon... donc vous m'avez dit d'y partir et...
-ALLER!
-oui, pardon, aller, donc chuis partie là-bas et...
-ALLEE!
-oui pardon, j'y suis partie et...
-ALLEE!
-ouiiii, mai sc'est ce que je diiiiiiit! donc ils m'ont dit de partir voir si...
-ALLER!
-oui, c'est vrai! donc ils m'ont dit de partir voir... et!
-Jennyfer!
-quoi-heu?
-partez-vous en s'il vous plait, vous me fatiguez!
12:18 Lien permanent | Commentaires (9) | Envoyer cette note
le retour de Nono
(... et il n'est pas content)
Nono nous avait fait rigoler préoccupé l'an dernier...
il nous avait confronté aux limites des capacités humaines, et on avait été surpris de constater que ces limites ne dépassaient pas le champs de vision d'un vache (qui voit a priori pas très loin).
Nono avait été réorienté dans un CAP de batteur d'oeufs dans le lycée professionnel de l'omelette et on pensait avoir apporté notre pierre à l'édification de son projet professionnel.
Sauf que...
.....sauf que........
..............sauf que...................
(ça n'est jamais si simple)
Nono est réapparu en cours vendredi denrnier,
alors qu'il n'est plus élève chez nous, qu'il n'a pas fait son inscription, et pour cause, puisqu'il a une place dans le CAP de batteur d'oeuf, dans le sympatique lycée des metiers de l'omelette, qui est un lycée très très gentil, où Nono sera très bien accueilli autour d'un projet qui correspond mieux à ses ambitions (lesquelles?) et ses capacités (...?)...
interrogé sur sa présence parmi nous, Nono, m'a répondu que
"Ca mon père qui m'a dise que je dois raviendre à l'école!"
"oui, mais nono, ton école, ça n'est plus nous, tu le sais"
"ma mon père il a dise la autres école est trop loin, l'ancienne école ça mieux! alors j'a raviendu"
Bon, ce qui me choque dans cette histoire, ça n'est pas que Nono a raviendu chez nous l'espace d'une journée, ni même que son papa nous l'envoyât sans affectation ni inscription...
c'est surtout que tous les profs de la journée n'ont vu aucun problème à l'idée de l'accepter en cours, alors qu'il n'est pas sur les listes...
enfin moi ce que j'en dis...
09:40 Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
11.09.2009
perdu d'avance
Un jeune homme inconnu entre dans mon bureau.
(ça commence comme dans un porno, oui, mais ça va pas durer)
-bonjour monsieur (ça c'est moi qui parle), veuillez enlever votre casquette, je vous prie.
-hein?
-votre casquette, vous êtes gentil, vous la retirez dans mon bureau.
-pourquoi? ça dérange personne!
-c'est la règle, ... et c'est une question de politesse, c'est tout!
-nan! je l'enlève pas!
-et vous voulez quoi?
-voir si vous avez de la place pour m'inscrire.
-non, pas de place, au revoir!
-mais vous avez même pas vérifié!
-pas la peine! pour vous, c'est noyé dans l'oeuf!
-keskimparle d'oeuf! lui!
-au revoir!
-vas-yyyyyyyy!
et il sort... et il ira se chercher un autre bahut!
zut!
14:58 Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note
08.09.2009
la reconnaissance du ventre
Donc Jennyfer a passé deux ans au lycée...
première année de BEP,
désastreuse,
absentéisme, aucun travail, insolence, elle frôle le conseil de discipline aussi souvent que la ficelle de son string sort de son pantalon, mais passe entre les mailles.
Deuxième année de BEP,
calquée sur la première... avec insultes envers le CPE, le prof de lettre, le prof d'atelier,
on se souvient de sa tentative de suicide par overdose de gloss et de l'accident de téléphone portable qui l'avait emmenée chez le gynécologue (non? on s'en souvient pas? ... on a tort!)
elle nous a promis au moins une fois par jour que de grands projets l'attendaient ailleurs et qu'on entendrait parler d'elle bientôt...
(on avait même scruté les nouveautés Marc Dorcel pour se tenir au courant... mais non!)
Jenny a foiré son BEP... on n'est pas surpris outre mesure,
et elle était partie en nous traitant d'enculés qui sucent la race de sa mère... et là, on s'est dit qu'on était passé à côté de quelque chose... on aurait du miser à fond sur son potentiel poêtique... mais dans la série "Pourquoi Rimbaud et pas moi?", le prof de lettre ne l'avait pas repérée... trop occupé à chercher où j'avais caché les ballons de foot! *)
Bref, jenny avait quitté le lycée en nous insultant et avait disparu.
Sauf que aujourd'hui, jenny se repointe dans mon bureau et me demande une place en BEP...
Sa juge** lui a expliqué que l'école c'était vraiment important, et de se faire entendre dire ça, ça a changé sa vision des choses...
...genre, j'avais jamais pensé à le lui dire, moi, depuis deux ans!
Bien sûr, attendri par cette brebis égarée, je n'ai pas pu dire autre chose que
"nous sommes aussi accueillants qu'une église contre-réforme envers un hérétique réformé décidé à retourner vers la Vraie Foi!"
(où je vais trouver mes métaphores, moi? il faut vraiment que j'arrête! la culture ça sert à rien!)
Bon, laïcité et tout ça oblige, j'ai regretté dans la seconde d'avoir dit ça (et surtout à cause de la perspective de la voir revenir chez nous!)
Bien heureusement, Jenny m'a regardé avec une abysse de vide dans le regard, me confirmant qu'à par les mots " aussi, un, et à" je lui avais parlé hébreux...
je me suis donc rattrapé et ai sorti un professionnel
"désolé, jeune fille, plus de place!"
* les ballons de foot se trouvaient derrière le minitel dans mon bureau... le prof de lettre a pas osé aller jusque là-bas, il se sait peu désiré dans mon bureau (contrairement à l'infirmerie... mais je ne suis pas censé savoir, donc je dis rien)
** oui, elle m'a parlé d'une juge, je ne sais pas pourquoi, mais ça ne m'a pas surpris.
19:24 Lien permanent | Commentaires (7) | Envoyer cette note
04.09.2009
la réorientation de Nono
On se souvient de Nono...
Nono est né avec les connexions cérébrales pas toutes branchées...
Il a déjà passé un an chez nous, première année de CAP... mais même en CAP, Nono n'avait pas le niveau...
la lecture, c'est pas ça... les additions, c'est hyper dur pour lui... les soustractions, on sait pas, il a jamais essayé.
Bon, il fallait faire quelque chose, et on s'est dit qu'il fallait lui trouver autre chose.
A la rentrée, on lui a donc trouvé une place en première année de CAP tourneur de poignée de fenêtre... ça devrait lui correspondre, la maîtrise de la langue n'est pas très importante, ni de l'écriture, à peine de la lecture...
sauf que Nono, il connaît pas ce nouveau CAP, et une nouvelle classe, des nouveau profs... c'est hyper flippant dans sa petite tête de garçon pas vraiment supersonique.
je reçois donc Nono dans mon bureau pour lui expliquer que ça va être super trop fun, cette nouvelle année... sur le ton d'une institutrice de maternelle qui explique à un gamin de 4 ans qu'il va se faire plein de copains en petite section...
-et tu vois, Nono, tu restera dans le même bâtiment que tes anciens copains, c'est chouette, non?
-gnîîî?
-et puis tu aura plein de gentils professeurs.
-mais je connais personne...
-mais siiiiii! tu les connais, tu les croises dans les couloirs tous les jours!
-heu....
-et puis tu aura madame Perruche comme professeur, et elle est très très gentille!

-hein?
-madame Perruche, tu sais, la gentille dame qui sourit tout le temps, et qui est toujours habillée avec plein de couleurs?
-connais pas...
-mais siiiiiiii! tu la croises dans les couloirs! tu peux pas la manquer, elle est toute colorée et elle aime tout le monde!
-heu... ah? oui, celle qui a des couleurs vives?
(on note que c'est la phrase la plus longue et la plus sensée exprimée par Nono en 1 ans! c'est déjà une petite victoire)
-oui!
-ah oui... des couleurs vives, comme... heu... du brun....?
-heu.... je l'ai pas encore vue aujourd'hui, donc je sais pas... mais tu va l'adorer!
-heu... mais est-ce qu'il y aura du gâteau?
20:38 Lien permanent | Commentaires (8) | Envoyer cette note
marchants du Temple
Arrêtez de me demander si je fais le ramadan!
j'ai oublié de payer la cantine, c'est tout!
(à ceux qui voyaient des raison métaphysiques à mon jeûne alors qu'elles ne sont que pécunières)
13:24 Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
03.09.2009
Réconfort et gratitude
Parce que je ne suis pas qu'un méchant père fouettard...
parfois, (j'arrête de dire "des fois" on me le reproche trop), même , je leur sauve franchement la vie scolairement... et ils ont même quelque fois (mais pas toujours) la courtoisie de s'en souvenir...
Kévin n'était pas sûr de trouver un lycée en juin dernier... et je me suis un peu démené pour le lui trouver...
et puis à la rentrée j'ai réussi à lui faire une rectification de tir d'orientation de dernière minute juste avant l'impact final...
Kévin est passé ce matin avec deux boites emballées impeccablement dans du papier cadeau...
-tenez, me dis-il en me tendant la première... c'est de ma mère, pour vous remercier... et la deuxième, c'est de moi.
J'ai été évidemment très touché...
j'ai donc désormais deux bibelots de bureaux, un petit et un grand, achetés au Pakistan, ces vacances, dans la famille...
Ils trônent fierement entre mon téléphone et mon bocal à crayon...
je suis trop content...
(mais bon Dieu que c'est moche! c'est pas possible!)
13:30 Lien permanent | Commentaires (6) | Envoyer cette note
pathétique
dès le matin, je reçois, et ce sera comme ça jusqu'au soir, les parents, des parents, des jeunes, candidats à une place dans notre lycée...
des dizaines et dizaines de jeuens sur le carreau, sans bahut à cette rentrée...
Je les reçois, leur fais remplir un dossier de candidature... essaie de me montrer rassurant sans leur donner de faux espoirs...
oui, nous avons une longue liste d'attente!
non, nous n'avons pas énormément de place,
non, ça n'est pas perdu d'avance....
et je leur dis de rappeler dans 10 jours...
je ferais mieux de leur dire que c'est pas la peine d'espérer, qu'il passeront l'année à la rue....
mais bon...
certains parents qui en veulent me vantent même la bonne réputation de l'établissmeent en témoignage de leur motivation!
si la situation n'était pas si pathétique, je rirais...
09:46 Lien permanent | Commentaires (6) | Envoyer cette note
02.09.2009
Jennyfer est conne, mais rigolote des fois*
-Bon, jennyfer, vous débarquez le jour de la rentrée pour avoir une place au lycée alors que vous n'êtes même pas venue vous réinscrire en fin d'année dernière?!!
-ouai! (le même ton de ouai que si on lui avait demandé si c'était bien elle qui a ses seins visibles sur internet... c'est à dire avec une pointe de fierté )
-et pourquoi?
-je sais pas!
-vous la voulez votre place au lycée?
-ouai!
-mias vous savez que là, elle n'est pas assurée, vous ne vous êtes pas inscrite et vous étiez absente pour la réunion de rentrée!
-ouai!
-donc vous vous retrouvez sans rien!
-ouai! (toujours avec entrain et gaieté, le "ouai", visualisez bien)
-et vous allez faire quoi?
-ben, m'inscrire au lycée!
-et vous pensez que ça va aller de soi?
-ouai!
-teins?
-nan, serieux, il faut m'aider, je suis complètement désorientée... hihihi, c'est le cas de le dire!
-vous êtes nouille, jenny!
-ouai!
19:46 Lien permanent | Commentaires (6) | Envoyer cette note
de l'inégalité des sexes (et de l'avantage de bosse avec une femme)
Avec mon ancien collègue Robin, on recevait souvent des candidatures spontanées d'étudiants qui se cherchaient un petit job, ... surveillants, réceptionnistes, boulots administratifs quelconques et idiots...
on regardait les CV avec attention, parce qu'on est professionnels, et on se serait JAMAIS permis une remarque sexiste du genre "si elle nous montre pas ses seins, on l'engage pas"... d'ailleurs, si mon copain-collègue avait fait ça, je l'aurais plus regardé avec autant de sympathie...
Par contre, quand Betty Boop m'a dit ce soir "Il a mis une photo de ses fesses sur son CV? sinon on le lit même pas!"
Je l'ai trouvée géniale!
19:42 Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note


